Manger sauvage pour prendre soin du monde

 

Manger des plantes sauvages c’est ne pas acheter, ne pas rentrer dans les circuits de la consommation. C’est un acte écologiste. Aucune énergie liée aux activités humaines (si ce n’est celle liée à vos quelques pas) n’aura été utilisée lorsque vous cueillerez votre pissenlit du jardin pour le manger. La croissance de la consommation, et donc de l’économie, est antinomique de la durabilité d’une bonne qualité écologique de la Terre. Le capitalisme vert n’est pas possible.

 

Par les plantes sauvages, par ce rapport à la consommation qu’elles peuvent apporter, c’est un autre rapport aux objets qui peut s’éclaircir. Pour tout objet, il vaut mieux le réparer et l’user jusqu’au bout avant d’en acheter un autre. Il vaut même mieux le réparer et l’user jusqu’au bout plutôt que de le recycler pour en acheter un autre. Dans notre économie mondialisée, la plupart des objets que l’on peut acheter proviennent de partout dans le monde à la fois. L’encre est produite dans tel pays, la fibre dans tel autre, le tissu est fait ailleurs, l’assemblage est réalisé encore ailleurs etc.. Avec des consommations aussi importantes d’énergie, on comprend bien qu’il vaut mieux ne pas acheter. C’est bien ce que nous pouvons faire avec les plantes sauvages. Arrêtons d’acheter et réparons. Et si un objet ne peut pas être réparé c’est qu’il a le maximum d’efficacité pour détruire la planète.

 

Dans le rapport à l’objet se trouve aussi le rapport aux êtres vivants. L’objet est toujours de plus en plus jetable, mais le terme n’est plus vendeur aujourd’hui ; les appareils photo jetables ont subi leur sort et ont été remplacés par des téléphones intelligents qui n’ont pas une durée de vie beaucoup plus longue. L’humain devient tout aussi jetable. Le salarié devient jetable, oublié dès qu’il sera moins efficace à la tâche et qu’un autre pourra le remplacer ; les amis deviennent jetables, oubliés dès qu’ils n’apporteront plus d’avantages ou qu’ils auront trop de problèmes qu’ils voudront confier ; même l’amour devient jetable, on ne répare plus les petites fissures, on jette et on retrouve quelqu’un d’autre. Arrêtons de changer trop vite et réparons.

 

Ainsi, par la diminution de l’énergie impliquée et par notre rapport au monde que cela amène, consommer moins, utiliser ce qu’il y a à portée de main, prendre soin des objets, les faire durer, les réparer, c’est aussi prendre soin de l’humain, des relations sociales et de soi.

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