Le perce-neige

 

Galanthus nivalis – Perce-neige

 

Ecologie

De la famille des amaryllidacées, le genre Galanthus comporte 1 seule espèce en France. Le perce-neige est une géophyte à bulbe (elle passe la mauvaise saison dans le sol sous forme de bulbe) qui fleurit de janvier à mars et qu’on trouve généralement dans les sous-bois, au pied des haies ou dans les pelouses eutrophiles (riches en nutriments) [1].

 

Nom communs

En France : chandeleur (Anjou), clochette d’hiver, galant d’hiver, galanthe des neiges, galanthine, galantine de neige, goutte de lait, perce-neige, violette de la chandeleur [2]–[6]

 

Etymologie

Galanthus vient du grec « gala » : lait, et « anthos » : fleur. Nivalis vient du latin « nivis » : neige [7]. Pendant l’antiquité grecque, le perce-neige a pu être appellé « leukoion », de « leuko » : blanc [8].

 

Toxicité

Le perce-neige contient des alcaloïdes toxiques qui sont plus concentrés dans les bulbes. L’ingestion des bulbes peut donner diarrhée et vomissements et à forte dose peut entraîner des paralysies [9].

 

Usages

Les fleurs de perce-neige ont été utilisées en Angleterre pour la préparation d’une boisson fermentée [10]. Les fleurs et même les bulbes de perce-neiges indéterminés (Galanthus sp.) ont été consommés, bien que rarement, en Russie et en Georgie, entre la mer Caspienne et la mer Noire [11], [12].

De par la couleur blanche de ses fleurs, le perce-neige est souvent associé à la pureté. C’est ainsi qu’en Italie on pouvait trouver des perce-neiges au pied des autels dédiés à la Vierge des chrétiens [2].

Le perce-neige intervient aussi magiquement dans une version moldave de « la Belle et la Bête » [2].

De nos jours, le perce-neige est utilisé pour créer des plantes OGM (riz, maïs, tomates, tabac, …) contenant de l’agglutinine de perce-neige ; cette substance étant toxique pour les insectes « ravageurs des cultures » [13]–[16].

 

Propriétés médicinales

Antiquité : Dans l’Odyssée d’Homère, Circé ensorcèle les hommes en leur faisant boire un breuvage, probablement de datura (Datura stramonium). Hermès donne un contre-poison à Ulysse qui serait le perce-neige. D’un point de vue biochimique cela se tient : le principe actif du datura est l’atropine qui est anticholinergique ; le perce-neige, dont le principe actif est la galanthamine, agit comme inhibiteur de l’acétylcholinestérase [9], [17].

XIXème siècle : vomitif, maturatif et résolutif (accélère la formation de pus et fait disparaître les inflammations et engorgements) [4].

XXème siècle : la galanthamine, l’un des alcaloïdes du perce-neige, est un « antagoniste des cucarisants, un myotonique utilisable dans le traitement des séquelles de poliomyélite » [18].

XXIème siècle : la galanthamine est utilisée pour traiter la maladie d’Alzheimer [9], [19]. Certaines molécules (agglutinines) présentes dans le perce-neige ont un effet inhibiteur de l’infection au VIH-1 [20].

 

[1]          J.-M. Tison et B. de Foucault, Flora gallica: flore de France. Biotope Mèze, 2014.

[2]          C. D. Demolin, P. Delevoye, et J.-M. Lecomte, Les plantes nous racontent... Bouvellemont: Editions Noires Terres, 2016.

[3]          C. (1846-1897) A. du texte Cornevin, Des Plantes vénéneuses et des empoisonnements qu’elles déterminent, par Ch. Cornevin,... Paris: F. Didot, 1887.

[4]          F. J. Cazin, Traité pratique et raisonné des plantes médicinales indigènes: avec un atlas de 200 planches lithographiées. P. Asselin, 1868.

[5]          J.-P. Ferrari, Dictionnaire Etymologique de la Flore Francaise. French & European Publications, Incorporated, 1984.

[6]          P. Fournier et C. Boisvert, Dictionnaire des plantes médicinales et vénéneuses de France. Omnibus, 2010.

[7]          F. Couplan, Les plantes et leurs noms: Histoires insolites. Editions Quae, 2012.

[8]          G. Ducourthial, Flore magique et astrologique de l’Antiquité. Belin, 2003.

[9]          J. Bruneton, Pharmacognosie, phytochimie, plantes médicinales (5e éd.). Lavoisier, 2016.

[10]        F. Couplan, Le régal végétal: plantes sauvages comestibles. Editions Ellebore, 2009.

[11]        I. Kaliszewska et I. Kołodziejska-Degórska, « The social context of wild leafy vegetables uses in Shiri, Daghestan », J. Ethnobiol. Ethnomedicine, vol. 11, p. 63, août 2015.

[12]        R. Bussmann et al., « Medicinal and food plants of Svaneti, Lechkhumi and Lower Racha, Sakartvelo (Republic of Georgia), Caucasus », Med. Aromat. Plants, sept. 2016.

[13]        X. Foissac, N. Thi Loc, P. Christou, A. M. R. Gatehouse, et J. A. Gatehouse, « Resistance to green leafhopper (Nephotettix virescens) and brown planthopper (Nilaparvata lugens) in transgenic rice expressing snowdrop lectin (Galanthus nivalis agglutinin; GNA) », J. Insect Physiol., vol. 46, no 4, p. 573583, avr. 2000.

[14]        M. E. Wakefield, H. A. Bell, E. C. Fitches, J. P. Edwards, et A. M. R. Gatehouse, « Effects of Galanthus nivalis agglutinin (GNA) expressed in tomato leaves on larvae of the tomato moth Lacanobia oleracea (Lepidoptera: Noctuidae) and the effect of GNA on the development of the endoparasitoid Meteorus gyrator (Hymenoptera: Braconidae) », Bull. Entomol. Res., vol. 96, no 1, p. 4352, févr. 2006.

[15]        Z.-Y. Wang, X.-F. Sun, F. Wang, K.-X. Tang, et J.-R. Zhang, « Enhanced Resistance of Snowdrop Lectin (Galanthus nivalis L. agglutinin)-Expressing Maize to Asian Corn Borer (Ostrinia furnacalis Guenée) », J. Integr. Plant Biol., vol. 47, no 7, p. 873880, juill. 2005.

[16]        V. A. Hilder et al., « Expression of snowdrop lectin in transgenic tobacco plants results in added protection against aphids », Transgenic Res., vol. 4, no 1, p. 1825, janv. 1995.

[17]        A. Plaitakis et R. C. Duvoisin, « Homer’s Moly Identified as Galanthus nivalis L.: Physiologic Antidote to Stramonium Poisoning », Clin. Neuropharmacol., vol. 6, no 1, p. 1, mars 1983.

[18]        L. Bézanger-Beauquesne, Plantes médicinales des régions tempérées. Maloine, 1980.

[19]        J.-M. Morel, Traité pratique de phytothérapie, Grancher. 2008.

[20]        T. K. Lim, Edible Medicinal And Non-Medicinal Plants - Volume 2, Fruits. Springer, 2012.

 

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