La viorne obier


La viorne obier - Viburnum opulus

 

Famille des Adoxacées

 

Noms communs

En français : aoubèk, aubier, aubour, bimborouno, birnur, blanche putain, bô d’cò, bois à fumier, bois à quenouille, bois cornu, bô fumâ, boule de neige (pour la variété ornementale roseum), boule de neige sauvage, caillebot, charcoulier, cokêne, coudre-mancine, coulmon, érbè, fausse boule de neige, frézion, grày'cho molo, mancienne bâtarde, mancièn’ blanche, marsault aquatique, mousclamo, obier, pèn’mann, rose de Gueldre, savougnó, sureau d’eau, toumo, vidartt, viorme, viorne obier, vordre, vôzèl [1], [2].

 

En anglais : crampbark, european cranberrybush, Guelder rose, high-bush cranberry, red elder, water-elder [1], [3].

 

Etymologie

Viorne vient du latin viburnum (le nom de la viorne lantane chez les grecs antiques) qui vient lui-même du latin viere ou vieo qui signifie tresser, lier [1], [4]. Dans certaines régions françaises on appelle aussi viorne la clématite (Clematis vitalba) [4]. Opulus vient de la ressemblance des feuilles avec l’érable champêtre, autrefois appelé ainsi [1].

 

Ecologie

En phytosociologie la viorne obier définit la sous-alliance du Salici cinereae – Viburnenion opuli [5].

Les fleurs possèdent très peu de nectar mais fournissent du pollen aux abeilles [1].

La viorne obier pousse sur des sols qui sont humides au moins une période dans l’année [6]. Les graines sont dispersées principalement par les oiseaux : les grives, les merles, le rouge gorge, les fauvettes, le jaseur boréal et le renard ; à noter que les graines sont plus souvent régurgitées que déféquées [6], [7]. Les fruits sont cependant peu attractifs pour les oiseaux par rapport aux fruits d’autres arbustes [6].

Le bouvreuil pivoine mange aussi les fruits mais les détruits et donc ne les dispersent pas. Le chevreuil peut manger les jeunes pousses de la viorne obier [6].

L’espèce est présente en Europe depuis au moins 10 millions d’années [6].

 

Comestibilité

Les fruits sont comestibles cuits mais sont amers. Ils gagnent en sucres et perdent un peu leur amertume avec le temps, donc il est préférable de les cueilleurs en octobre, novembre, voire en décembre. Ils sont encore traditionnellement consommés en Turquie [9]. Selon certaines traces archéologiques, les fruits ont été probablement déjà consommés il y a 5500 ans [8].

 

Ci-dessous en photo, une confiture de viorne (un tiers) et mirabelle (deux tiers). La préparation en confiture et le mélange avec un autre fruit permet de dépasser l'amertume.

 


Propriétés médicinales

XXème siècle : Ecorce de la tige ou de la racine et fleurs : antispasmodiques, astringentes, diurétiques, toniques du système nerveux, sédatifs utérin, antidysménorrhéiques. Les feuilles et les baies crues sont purgatives et vomitives [1], [10]. Le fruit est antispasmodique, astringent et sédatif [10]. L’ensemble de la plante est cardiotonique [10].

XXIème siècle : l’écorce de tige est un antispasmodique, astringent, hémostatique, analgésique utérin, améliorant du tonus utérin, facilitant de l’accouchement [3], [11], [12]. L’activité analgésique est de même intensité que celle de l’aspirine [12]. Le fruit est un antioxydant, antimicrobien, anticancéreux et est recommandé contre certains calculs rénaux et pour la prévention de certains cancers [9], [13]–[17]. Les feuilles sont antimicrobiennes [18].

 

Aucune contre-indication n’est connue [3].

 

Consommés crus avant maturité et en faible quantité, les fruits ont causés des troubles digestifs ; en grande quantité ils ont causé des troubles neurologiques et cardiaques [19]. Chez la souris, la LD50 (dose létale pour 50% des individus) est de 5,4 g de feuilles sèches/kg [12].

 

La viorne obier contient 81% d’eau ; 2105 UI de provitamine A ; 1,64 g de vitamine C/kg de fruit frais ; 4,9 g de flavonoïdes/kg de fruit frais ; 10,8 g de potassium/kg de fruit séché ; 1,3 g de magnésium/kg de fruit séché ; 1,3 g de phosphore/kg de fruit séché ; 1,2 g de calcium/kg de fruit séché ; 17 mg de fer/kg de fruit séché [13], [20], [21]. Les fruits séchés contiennent 4% de lipides et 1% de protéines [6]. Les feuilles contiennent des saponines, des glycosides, des stéroïdes, des tanins, des quinones, des phénols, des alcaloïdes, des coumarines et des terpénoïdes [18].

 

[1]          P. Fournier et C. Boisvert, Dictionnaire des plantes médicinales et vénéneuses de France. Omnibus, 2010.

[2]          E. Rolland, Flore populaire ou histoire naturelle des plantes dans leurs rapports avec la linguistique et le folklore, 6 vol. G. P. Maisonnneuve et Larose, 1967.

[3]          S. E. Edwards, I. da C. Rocha, M. Heinrich, et E. M. Williamson, Phytopharmacy: An Evidence-Based Guide to Herbal Medicinal Products. John Wiley & Sons, 2015.

[4]          P. Lieutaghi, Le livre des arbres, arbustes & arbrisseaux. Actes Sud, 2004.

[5]          M. Botineau, Botanique systématique et appliquée des plantes à fleurs. Lavoisier, 2010.

[6]          J. Kollmann et P. J. Grubb, « Viburnum lantana L. and Viburnum opulus L. (V. lobatum Lam., Opulus vulgaris Borkh.) », J. Ecol., vol. 90, no 6, p. 10441070, déc. 2002.

[7]          Á. Hernández, « Birds and guelder rose Viburnum opulus: selective consumption and dispersal via regurgitation of small-sized fruits and seeds », Plant Ecol., vol. 203, no 1, p. 111122, juill. 2009.

[8]          L. Kubiak-Martens, « The plant food component of the diet at the late Mesolithic (Ertebolle) settlement at Tybrind Vig, Denmark », Veg. Hist. Archaeobotany, vol. 8, no 12, p. 117127, juin 1999.

[9]          O. Sagdic, A. Aksoy, et G. Ozkan, « Evaluation of the antibacterial and antioxidant potentials of cranberry (gilaburu, Viburnum opulus L.) fruit extract », Acta Aliment., vol. 35, no 4, p. 487492, 2006.

[10]        L. Bézanger-Beauquesne, Plantes médicinales des régions tempérées. Maloine, 1980.

[11]        J.-M. Morel, Traité pratique de phytothérapie, Grancher. 2008.

[12]        M. L. Altun, G. S. Çitoğlu, B. S. Yılmaz, et H. Özbek, « Antinociceptive and anti-inflammatory activities of Viburnum opulus », Pharm. Biol., vol. 47, no 7, p. 653658, juill. 2009.

[13]        O. Rop, V. Reznicek, M. Valsikova, T. Jurikova, J. Mlcek, et D. Kramarova, « Antioxidant Properties of European Cranberrybush Fruit (Viburnum opulus var. edule) », Molecules, vol. 15, no 6, p. 44674477, juin 2010.

[14]        L. Česonienė, R. Daubaras, V. Kraujalytė, P. R. Venskutonis, et A. Šarkinas, « Antimicrobial activity of Viburnum opulus fruit juices and extracts », J. Für Verbraucherschutz Leb., vol. 9, no 2, p. 129132, juin 2014.

[15]        D. Ceylan et al., « The effects of gilaburu (Viburnum opulus) juice on experimentally induced Ehrlich ascites tumor in mice », 2017.

[16]        D. Tuglu et al., « Viburnum opulus: Could it be a new alternative, such as lemon juice, to pharmacological therapy in hypocitraturic stone patients? », Arch. Ital. Urol. E Androl., vol. 86, no 4, p. 297299, déc. 2014.

[17]        H. Ulger et al., « Influence of gilaburu (Viburnum opulus) juice on 1,2-dimethylhydrazine (DMH)-induced colon cancer », Toxicol. Ind. Health, vol. 29, no 9, p. 824829, oct. 2013.

[18]        H. A. Adebayo, A. B. Alade, et O. F. Yakubu, « Gas Chromatography-Mass Spectrometry Analysis of Viburnum Opulus (L) Extract and its Toxicity Studies in Rats », Asian J. Pharm. Clin. Res., vol. 10, no 6, p. 383388, 2017.

[19]        M. Botineau, Guide des plantes à fruits charnus comestibles et toxiques. Lavoisier, 2015.

[20]        F. Couplan, Cuisine sauvage: accommoder mille plantes oubliées. Editions Sang de la terre, 2010.

[21]        I. H. Kalyoncu, N. Ersoy, et A. Y. Elidemir, « Some physico-chemical characteristics and mineral contents of gilaburu (Viburnum opulus L.) fruits in Turkey ».

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Peut-on manger la consoude?

Peut-on manger la consoude ?

 

Aymeric de Kerimel

 

La consoude Symphytum officinale est une plante de la famille des Boraginacées. Le genre Symphytum comporte environ 35 espèces dont 6 en France métropolitaine. La consoude présente une répartition européenne et centre-asiatique [1]. Elle pousse sur des sols humides au moins l’hiver et riches en matières organiques se décomposant mal [2], [3].

 

Pour tout ce qui suit, sauf précision, le terme « consoude » désignera l’espèce Symphytum officinale.

 

Quelques noms courants de la consoude : consoude commune, consoude officinale, consyre, grande consoude, grande consyre, herbe aux charpentiers, herbe aux coupures, langue de vache, oreille d’âne, oreille de vache, pecton [4], [5]. En anglais : comfrey, ass ear, black root, black wort, boneset, bruisewort, consound, gum plant, healing herb, knitback, knitbone, nipbone, salsify, slippery root, wallwort [6]–[8].

 

Le nom « consoude » vient du latin « consolida » : consolider, réparer ; le grec « symphytum », de « symphyeïn », veut dire la même chose et était donné à de nombreuses plantes [5], [9].

 

En agriculture, la consoude peut être utilisée comme purin (ou extrait fermenté) pour traiter une carence en potasse d’une plante, stimuler la croissance des feuilles, la vie du sol et la décomposition du compost [10].

 

Confusions

La confusion peut se faire avec la digitale pourpre (Digitalis purpurea) dont l’odeur est différente et la feuille est crénelée, moins pointue et moins rugueuse [2]. Cette confusion a déjà donné des cas mortels [11].

La molène bouillon noir (Verbascum nigrum) peut également se confondre avec la consoude ; la première a des feuilles crénelées, moins rugueuses et à odeur différente de celles de la consoude [2].

La consoude de Russie (Symphytum x uplandicum) se différencie de la consoude officinale par ses tiges non ailées et son toucher plus piquant [2]. La consoude de Russie est plus toxique mais aussi plus rare que la consoude officinale [1], [12].

Consoude officinale Symphytum officinale
Consoude officinale Symphytum officinale
Consoude de Russie Symphytum x uplandicum
Consoude de Russie Symphytum x uplandicum

Propriétés médicinales

La consoude est connue comme comestible et médicinale depuis au moins deux mille ans [5], [9].

 

Au Ier et IIème siècles : cicatrisant de la peau et osseux, contre les crachements de sangs et les hémorroïdes [5], [9].

Au XVIème siècle : cicatrisant de la peau et osseux, contre les maladies pulmonaires [5], [9].

Au XIXème siècle : adoucissant, astringent, contre la toux [13].

Au XXème siècle : adoucissant, astringent, cicatrisant de la peau [4], [9].

 

Autrefois, pour soulager les gerçures des seins, on creusait un petit trou dans la racine de consoude pour y introduire le mamelon [13].

 

Aujourd’hui on reconnaît à la consoude les propriétés d’anti-inflammatoire, de cicatrisant et d’immunomodulateur (active le système immunitaire), elle peut être utilisée en externe contre les douleurs et les inflammations des muscles et des articulations, les entorses, les foulures et les contusions [6], [14]–[17].

 

Composition

Sèche, elle contient notamment 0,6 à 4,7% d’allantoïne, 15 à 35% de protéines dans les feuilles, entre 15 et 30% de polysaccharides mucilagineux, entre 4 et 6% de tanins, environ 25% d’amidon, 0,04% de sodium, 0,2 à 0,4% de phosphore, 6 à 7% de potassium, 0,22% de soufre, 1,7 à 1,9% de calcium, 0,4% de magnésium, 15 à 17 ppm (partie par million, 1 ppm = 0,0001%) de cuivre, 0,05 à 0,4% de fer, 57 ppm de manganèse, 49 ppm de zinc, 0,4% d’azote, du molybdène, du sélénium, entre 1 et 3% d’asparagine, 1,2% d’alanine, 0,9% d’arginine, 2,1% de glutamine, 1% de glycine, 0,3% d’histidine, 0,8% d’isoleucine, 1,1% de leucine, 0,6% de lysine, 0,9% de proline, 0,8% de phénylalanine, 0,8% de sérine, 0,8% de thréonine, 0,6% de tyrosine, 1,1% de valine, des acides phénoliques, des glycopeptides, des saponines triterpènes, des vitamines antioxydantes, de la vitamine B12, de la consolidine, de la consolicine, de la symphytocynoglossine et des alcaloïdes pyrrolizidiniques ; fraîche, la consoude contient entre 82 et 92% d’eau [14], [15], [18]–[22].

 

Dans les années 1950, la consoude était cultivée au Canada et produisait de 20 à 32 t/ha [20]. La culture de consoude donne des récoltes de 5 à 32 t/ha [20]–[22]. En poids sec cela correspond à 0,6 à 4,2 t/ha.

 

Toxicité

Depuis une cinquantaine d’années, on reconnaît des effets néfastes à la consoude qui sont dus à un groupe de molécules présentes dans la plante et qu’on appelle les alcaloïdes pyrrolizidiniques (noté par la suite AP). Les effets peuvent être les suivants : hépatotoxique, cancérogène, génotoxique, tératogénique, pneumotoxique et abortif [23]–[25]. Les enfants jusqu’à 14 ans sont plus sensibles aux effets toxiques des AP que les adultes mais le pronostic de ces derniers lorsqu’ils sont atteints est plus mauvais [12].

 

On connaît environ 660 AP [26] dont environ 350 sont potentiellement toxiques et seulement une trentaine a fait l’objet d’étude sur leur toxicité individuelle [27]. La composition et la concentration des AP dans une plante peuvent varier selon les conditions environnementales (climat, sol, saison, etc.), l’âge et la partie de plante sélectionnée [28]. Il est probable que les racines soient plus riches en AP le soir et en lune montante et que les feuilles soient plus riches en AP le matin et en lune descendante. On suppose également que la consoude est moins riche en AP juste après la floraison et lorsque ses fleurs sont blanches [29]. Ces substances sont amères ce qui limite leur forte consommation en une seule prise [28], [30]. Les AP, récupérées par certains insectes, sont utilisés pour la défense contre les prédateurs [31]. Certaines plantes peuvent obtenir leurs AP via un parasitisme racinaire sur des plantes qui en produisent [32], [33]. Voici une liste non exhaustive des familles, genres ou espèces contenant des AP :

 

-       toute la famille des Boraginacées;

-   dans la famille des Astéracées, les genres Adenostyles, Ageratum, Brachyglottis, Cacalia, Cherdosoma, Chromolaena, Cineraria, Conoclinium, Crassocephalum, Doronicum, Echinacea, Emilia, Erechtites, Eupatorium, Farfagium, Gynura, Homogyne, Jacmaia, Jacobaea, Kleinia, Liatris, Ligularia, Nardosmia, Notonia, Odontocline, Packera, Petasites, Senecio, Solanecio, Syneilesis, Trichodesma, Tussilago et Werneria

-   dans la famille des Fabacées, les genres Cassia, Crotalaria, Cytisus, Laburnum et Lotononis

-      dans la famille des Apocynacées, les genres Alafia, Anodendron, Fernaldia, Holarrhena, Prestonia et Parsonsia

-   une ou plusieurs espèces des familles suivantes : Centroplacacées (genre Bhesa), Poacées (genres Festuca, Lolium et Thelepogon), Orchidacées (genres Chysis, Hammarbya, Malaxis, Phalaenopsis, Liparis, Vanda et Vandopsis), Orobanchacées (genre Melampyrum), Renonculacées (genre Caltha), Rhizophoracées (genre Cassipourea), Santalacées (genre Thesium), Sapotacées (genres Mimusops et Planchonella), Scrofulariacées (genres Castilleja et Pedicularis) [26], [32]–[44]

 

Tous les AP ne sont pas toxiques, on considère qu’environ la moitié des AP sont toxiques [39]. Les AP ne passent que très peu au travers de la peau, le taux de pénétration en 24 h variant entre 0,04 et 0,22% des AP appliqués [45]. Ainsi l’application cutanée d’herbes médicinales contenant des AP comme la consoude est relativement sans danger. En revanche, les AP sont facilement solubles dans l’eau et l’alcool [46].

 

Pour ceux qui sont à l’aise en chimie voici les propriétés chimiques des AP toxiques : insaturation en C2 ; estérification en C7 (monoesters) avec groupe hydroxyle en C9 ou estérification en C7 et C9  (diesters, plus toxiques) sur une base libre ou N-oxyde ; les plus toxiques sont les AP diesters macro-cycliques [47]–[50] ; et voici deux AP parmi les plus représentés dans la consoude :

 

Acétylintermédine
Acétylintermédine
Symphytine
Symphytine

A partir des données de plusieurs études [50]–[53], on peut classer quelques AP en trois groupes par ordre de toxicité :

 

1) senkirkine, lasiocarpine, monocrotaline, riddelliine, héliotrine, sénécionine, sénéciphylline, acétylintermédine, héliosupine

2) riddelliine N-oxyde, sénécionine N-oxyde, lasiocarpine N-oxyde, lycopsamine, intermédine, indicine, symlandine, jacoline, symphytine, acétyllycopsamine, rétrorsine, latifoline

3) échimidine, indicine N-oxyde, supinine

 

La consoude contiendrait les AP suivant : acétylintermédine [12], [41], [50], [54], acétyllycopsamine [12], [18], [41], [48], [50], [54], échimidine [12], [18], [48], [55], [56], héliosupine [48], intermédine [12], [41], [50], [54], lasiocarpine [57], [58], lycopsamine [12], [41], [48], [50], [54], [59], myoscorpine [41], symlandine [12], [41], [48], [50], [55], symphytine [12], [18], [41], [48], [50], [54], [55] et symviridine [12], [41]. Tous sont toxiques. Par rapport au peu d’études rapportant certains AP dans celle-ci, il est probable que la consoude ne contienne pas d’héliosupine, de myoscorpine et de symviridine. D’après certaines études, l’échimidine, la lasiocarpine et la symlandine ne sont pas présentes dans la consoude [15], [59], [60].

 

D’après une étude, les AP les plus représentés dans la racine de consoude sont la symphytine et la symlandine [48]. D’après d’autres études les AP les plus représentés dans la consoude sont l’acétylintermédine et l’acétyllycopsamine [50], [54]. Une autre étude encore donne l’intermédine et la lycopsamine comme étant les AP les plus représentés dans la consoude [61].

 

La quantité d’AP varie aussi selon l’âge et la taille des feuilles : une étude donne 0,0003% de AP dans les grandes feuilles, 0,0016% dans les feuilles jusqu’à 15 cm de longueur et 0,0087% dans les jeunes feuilles jusqu’à 5 cm, soit 29 fois plus que dans les grandes [12]. Une autre étude confirme que les jeunes et petites feuilles contiennent plus d’AP que les vieilles et grandes feuilles [20]. Pour une espèce voisine, la consoude de Russie (Symphytum x uplandicum), on trouve 16 fois plus d’AP dans les petites et jeunes feuilles de début de saison (0,049%) que dans les grandes et vieilles feuilles (0,003%) [62].

 

La consoude contient 0,003% de lycopsamine [59]. Des feuilles de consoude vendues pour la préparation d’infusions contiennent 0,01% de symphytine [56]. La racine de consoude contient 4 fois plus de lycopsamine et d’intermédine, 8 fois plus d’acétyllycopsamine et 11 fois plus d’acétylintermédine que les feuilles [63].

 

Les formes commercialisées de consoude contiennent entre 0,0007 et 0,83% d’AP [12], [48], [54]. Ces formes commercialisées sont souvent polluées par d’autres espèces de consoudes comme la consoude de Russie (Symphytum x uplandicum) qui peuvent les rendre plus dangereuses [12].

 

Tous AP confondus, la consoude contiendrait de 0,02 à 0,18% d’AP dans ses feuilles, 0,25 à 0,29% dans ses racines et une quantité indéterminée dans les fleurs [24], [41]. Selon une autre étude la racine de consoude contient entre 0,14 et 0,83% d’AP, et les feuilles entre 0,0015 et 0,0055% d’AP [48]. D’après une autre étude encore, sur 300 échantillons, les racines de consoude venant de 150 sites différents contiennent entre 0,045 et 0,599% d’AP [12]. Une dernière étude donne des concentrations d’AP dans la consoude entre 0,04 et 0,6% [19]. Au total on peut considérer que la racine de consoude contient entre 0,045 et 0,83% d’AP et que les feuilles en contiennent entre 0,0003 et 0,18%. En moyenne des différentes études on obtient : 0,36% dans les racines et 0,05% dans les feuilles, 8 fois plus dans les racines que dans les feuilles. On peut également estimer qu’en moyenne les jeunes feuilles contiennent 0,09% d’AP et les vieilles feuilles 0,004%.

 

La toxicité de la racine de consoude est supérieure à la toxicité cumulée de ses AP [61]. Ceci est probablement vrai également pour les feuilles.

 

Des recommandations existent en matière de quantités d’AP à ne pas dépasser dans la consommation [39], [43], [64] :

 

-      L’ « Australian New Zealand Food Authority » considère que 10 µg AP/kg/jour est une dose sans effet, que le risque de cancer est négligeable et que donc, en prenant une marge de sécurité, il ne faut pas dépasser la dose de 1 µg AP/kg/jour, c’est-à-dire qu’une personne de 60 kg ne devrait pas dépasser la dose de 60 µg AP/jour.

-       Aux Pays-Bas, on considère que 10 µg AP/kg/jour est une dose sans effet autre que les cancers. Avec la marge de sécurité, la dose à ne pas dépasser pour éviter les effets autres que les cancers est de 0,1 µg AP/kg/jour. La dose à ne pas dépasser pour éviter les cancers dus aux AP est de 0,00043 µg AP/kg/jour, basé sur un effet cancérigène connu à 1000 µg/kg/jour.

-       Au Royaume-Uni, le « Committee on Toxicity » considère que 10 µg AP/kg/jour est une dose sans effet autre que les cancers. Avec la marge de sécurité, leur recommandation pour éviter les effets autres que les cancers est de ne pas dépasser la dose de 0,1 µg équivalent riddelliine/kg/jour. Par rapport aux AP présents dans la consoude, cela correspond environ à 1,88 µg/kg/jour pour l’intermédine et la lycopsamine, 0,1 µg/kg/jour pour la lasiocarpine, 0,25 µg/kg/jour  pour l’échimidine et 0,38 µg/kg/jour pour la symphytine. Leur recommandation pour éviter les cancers dus aux AP est de ne pas dépasser la dose de 0,007 µg AP/kg/jour, basé sur un effet cancérigène connu à 73 µg/kg/jour.

-     En Allemagne, la consommation maximale d’AP par les médicaments est de 0,1 µg AP/jour ou 1 µg AP/jour 6 semaines par an. La préconisation pour ne pas avoir d’effet cancérigène est de ne pas dépasser la dose de 0,007 µg/kg pour les AP toxiques.

-   L’Organisation Mondiale de la Santé recommande de limiter au maximum la consommation d’AP.

 

La consoude est interdite à la vente en Australie, au Japon, en Afrique du Sud et au Royaume-Uni [43].

 

A partir des recommandations ci-dessus et des moyennes de concentration d’AP dans les racines et feuilles de consoude calculées précédemment, on peut dire que la dose de 1 µg AP/kg/jour correspond à 16,5 mg de feuilles de consoude fraîche/kg/jour soit 0,99 g/jour pour une personne de 60 kg ; pour les racines cela correspond à 0,13 g/jour. En ce qui concerne la recommandation plus restrictive de 0,007 µg/kg/jour préconisée au Royaume-Uni et en Allemagne, cela correspond à 7 mg/jour pour les feuilles de consoude pour une personne de 60 kg et 0,9 mg/jour pour les racines.

 

Pour comprendre à quelle quantité de feuilles entières et fraîches ces valeurs correspondent, nous avons pesé 451 feuilles de consoude à l’aide d’une balance précise au centième, nous avons également mesurés ces feuilles par tranches de 5 cm (longueur du limbe foliaire). Le poids moyen d’une feuille de consoude est donc de 6,8 g. Le poids moyen des feuilles de plus de 25 cm est 9,1 g. Le poids moyen des feuilles de moins de 15 cm est 1,16 g.

 

La recommandation de 1 µg AP/kg/jour correspond donc environ à 1 feuille de consoude tous les 7 jours pour une personne de 60 kg (ou 1 vieille grande feuille par jour). La recommandation de 0,007 µg AP/kg/jour correspond à environ 1 feuille de consoude tous les 974 jours pour une personne de 60 kg (ou 1 vieille grande feuille tous les 115 jours).

 

Il existe quelques facteurs aggravant lors de la prise d’AP, c’est le cas de l’alcool dont les effets toxiques pour le foie se trouvent renforcés par la présence des AP [65]. Le manque de protéines et d’acides aminés soufrés dans la consommation sont aussi des facteurs de risque [14], [37], [66].

 

Cas d’intoxications

Beaucoup d’intoxications humaines aux AP sont connues. Il s’agit souvent de « pollutions » de graines de céréales par des graines de certaines espèces des genres Senecio et Crotalaria [24]. Par exemple le cas rapporté en 1976 en Afghanistan où des milliers de personnes ont montré des signes de lésions du foie par la consommation de pain fait à partir de céréales contaminées par des graines de plantes du genre Heliotropium [67]. Plus récemment en Allemagne où des feuilles de sénéçons (genre Senecio) se sont retrouvées dans des sachets de salades vendues en supermarchés [23]. Des intoxications sont parfois dues à des confusions avec certaines plantes médicinales.  Par exemple un cas aux Etats-Unis avec la confusion entre Senecio longilobus toxique et un Gnaphalium [24]. Un dernier type d’intoxication directe est dû à l’utilisation comme plante médicinale ou alimentaire d’une plante contenant des AP. C’est ce dernier cas qui concerne la consoude et même des sénéçons (genre Senecio) [24]. Il est probable que les effets cancérogènes de la consoude soient moins importants que ceux du tussilage (Tussilago farfara) et des pétasites (Petasites sp.) [57].

 

Il existe aussi une intoxication indirecte aux AP par le biais de produits d’animaux qui ont consommés des AP. Le miel, le pollen, le lait, les œufs, la viande et tous les produits transformés qui utilisent ces premiers produits peuvent contenir des AP [30], [68]–[71]. Des intoxications, et même des cas mortels, ont eu lieu par la transmission de AP par le lait d’allaitement ou via le placenta chez des fétus et nouveau-nés animaux ou humains [72]–[74]. En France, les principales sources d’AP dans le miel sont les sénéçons (genres Jacobaea et Senecio), l’eupatoire chanvrine (Eupatorium cannabinum) et les vipérines (genre Echium). En Europe, les plantes qui apportent le plus d’AP au miel sont les vipérines (genre Echium) [75].

 

Des vaches nourries 2 semaines avec 10 g/kg/jour de sénéçon (Jacobaea vulgaris) sec, correspondant à 16 mg/kg/jour d’AP, produisent du lait contenant entre 0,094 et 0,167 mg AP/L de lait [69]. Une personne de 60 kg qui boit 500 mL de ce lait ingère environ 1 µg AP/kg. Avec ce lait, il suffirait de 3 mL/jour pour une personne de 60 kg pour arriver à la dose de 0,007 µg AP/kg/jour.

 

En ce qui concerne le miel on trouve différentes concentrations d’AP : aux Etats-Unis, de 0,3 à 3,9 mg AP/kg pour du miel contenant de 0,3 à 3,3% de pollen de sénéçon (Jacobaea vulgaris) [71] ; en Australie, de 0,27 à 0,95 mg AP/kg pour du miel de vipérine (Echium plantagineum) [68]. Une étude sur 3917 échantillons de miels venant de nombreux pays montrent qu’en Europe les miels allemands, hongrois, bulgares et roumains contient moins d’AP que les miels espagnols et italiens, et que les miels d’Amérique du sud et centrale contiennent en moyenne le plus d’AP [75]. Sur les 696 miels raffinés provenant d’Europe de cette étude, la concentration moyenne en AP était de 25 µg AP/kg; sur les 381 miels bruts provenant d’Europe, la concentration moyenne en AP était de 17 µg AP/kg; sur 119 échantillons de pollens commercialisés, la concentration moyenne en AP était de 1108 µg AP/kg [75]. Dans une autre étude, sur 13280 miels bruts, la concentration moyenne en AP est entre 28 et 36 µg AP/kg ; sur 1324 miels raffinés, la concentration moyenne en AP est entre 13 et 26 µg AP/kg [64]. D’après ces deux dernières études, une personne de 60 kg ne devrait pas dépasser la consommation journalière d’environ 17 g de miel et de 0,38 g de pollen pour ne pas dépasser la dose de 0,007 µg AP/kg/jour.

 

Une dernière étude avec d’autres méthodes d’analyses réalisée sur 55 échantillons de miels venant d’Europe a montré que 17 échantillons contenaient entre 1,08 et 16,35 mg AP/kg de miel, cette même étude donne aussi 500 à 5000 mg AP/kg de pollen [35]. D’après cette étude et avec la recommandation de 0,007 µg AP/kg/jour, une personne de 60 kg ne devrait pas dépasser la consommation journalière d’environ 60 mg de miel et d’environ 0,2 mg de pollen.

 

Les animaux évitant les plantes les plus dangereuses à l’état frais, la présence d’AP dans le lait passe généralement par le fourrage des animaux élevés de manière industrielle, les animaux sauvages ou élevés à l’herbe peuvent trier les espèces ne contenant pas ou peu d’AP et même, pour une espèce contenant des AP, sélectionner seulement les individus qu’on suppose les moins riches en AP et seulement à certaines périodes. C’est le cas pour les chevaux qui ne mangent la consoude qu’après la floraison et uniquement les consoudes à fleurs blanches (morphotype) [29]. Les animaux ayant très faim peuvent se résoudre à manger des plantes toxiques qu’ils refusent généralement [27]. C’est souvent les séneçons (genre Senecio) qui sont alors impliqués dans les dommages.

 

Les cas humains d’intoxications par la consoude sont rares ou en tous cas peu connus et répertoriés. Il est également difficile de déterminer l’origine des dommages qui peuvent être causés par la consoude. C’est donc, jusqu’à présent, 5 cas d’intoxication qui ont été clairement induits par la consommation de consoude mais l’espèce précise n’est pas connue.

 

Voici ces cas connus d’hospitalisation :

 

-       Une femme de 49 ans, aux Etats-Unis, après 6 mois de consommation d’environ 15 µg AP/kg/jour, principalement sous forme de six capsules de poudre de consoude (Symphytum sp.) par jour [76].

-      Un enfant de 13 ans, en Angleterre, souffrant de désordres digestifs, que les parents ont soigné avec de la racine de consoude (Symphytum sp.) [77].

-      Une femme de 47 ans, ayant consommé 10 tasses d’infusion de consoude en plus de capsules de consoude (Symphytum sp.). Huit ans après l’hospitalisation le foie était encore atteint [24].

-     Un homme de 23 ans,  mort après avoir consommé pendant plusieurs mois une dose inconnue de consoude (Symphytum sp.) [24].

-    Une femme de 66 ans, ayant consommé 1 à 1,5 L d’une infusion d’un mélange de plantes dont la consoude (Symphytum sp.) [78].

 

Tous AP confondus, les doses minimales où un effet néfaste a été identifié chez l’humain sont données par le tableau suivant :

 

Alcaloïdes pyrrolizidiniques

Dose prise en mg/kg par jour

Durée de la prise

Dose cumulée en mg/kg

Effets

Héliotrine

4-10

3 à 7 semaines

84 à 490

Maladie véno-occlusive hépatique, nécrose du foie [24]

Crotanine et crotaburnine

Moins de 1

Plusieurs mois

 

Maladie véno-occlusive hépatique, nécrose du foie [24]

Rétrorsine

0,7-1,5

2 semaines

9,8 à 21

Nécrose, fibrose et cirrhose du foie [24]

Riddelliine

0,7-1,5

2 semaines

9,8 à 21

Nécrose, fibrose et cirrhose du foie [24]

AP de Symphytum sp.

Au moins 0,015

6 mois

2,7

Congestion et nécrose du foie, oblitération des vénules hépatiques, hypertension [76]

AP de Heliotropium popovii ssp. gallianum

0,03-0,04

2 ans

21,9

Maladies sévères du foie [67]

AP de Adenostyles alliariae (dont senecipylline)

0,06

15 mois

27

Maladie véno-occlusive hépatique [79]

AP d’une Astéracée inconnue

26

45 jours

1170

Douleurs abdominales, hypertrophie du foie [80]

AP d’une Astéracée inconnue

23

46 jours

1058

Décès, insuffisance hépatique [80]

AP d’une Astéracée inconnue

12

19 jours

228

Douleurs abdominales, hypertrophie du foie [80]

AP d’une Astéracée inconnue

15

21 jours

315

Démangeaisons cutanées [80]

AP d’origine inconnue

9 à 18

14 jours

126 à 252

Intoxication (enfant de 6 mois) [80]

AP d’origine inconnue

13

4 jours

52

Décès (enfant de 2 mois) [80]

Indicine N-oxyde

280

Une seule prise

280

Décès au bout de 9 jours (enfant de 5 ans) [81]

 

En reprenant la seule étude du tableau ci-dessus qui concerne une consoude (Symphytum sp.) on s’aperçoit que les concentrations d’AP trouvées dans les capsules de consoude paraissent faibles. Une capsule de consoude (Symphytum sp.) contient environ 89% de consoude (Symphytum sp.) [82]. Les capsules de l’étude pesant 400 mg, si celles-ci ont été faites à partir de la consoude officinale, qui est la consoude communément utilisée contenant le moins d’AP [12], [19], la quantité d’AP par capsule aurait dû être d’environ 1,27 mg ; la quantité mesurée est de 0,13 mg (l’étude a été réalisée en 1985, les méthodes d’analyses se sont améliorées depuis). Ainsi la dose prise pourrait être de 92 µg AP/kg/jour au lieu de 15 µg AP/kg/jour, soit une dose cumulée de 16,6 mg/kg. Même en ayant revu à la hausse ces valeurs, elles restent faibles et douteuses car elles feraient de la consoude la plus toxique des plantes contenant des AP chez l’humain, ce qui est contradictoire avec l’extrême rareté des cas d’intoxications à la consoude comparativement à d’autres plantes dont la toxicité est connue de longue date.

 

Chez les animaux les effets des AP sont plus étudiés. Les poules et les cochons sont les plus sensibles au AP, suivent les vaches, les chevaux, les dindes et les rats qui sont eux-mêmes plus sensibles aux AP que les moutons, les chèvres, les lapins et les souris [12], [27], [30]. Les cobayes et les hamsters sont très résistants aux AP [12], [83], [84]. Il semblerait que les humains soient plus résistants que les rats [25] et autant que les souris [27].

 

Pour les AP contenus dans la consoude, les doses minimales d’effets néfastes chez les animaux sont données par le tableau suivant :

 

Alcaloïdes pyrrolizidiniques

Dose

Durée de la prise

Dose cumulée en mg/kg

Effet

Animal

Symphytine

300 mg/kg

une seule prise

300

LD501

Rats [18]

Echimidine

200 mg/kg

une seule prise

200

LD50

Rats [85]

Feuilles de consoude

8% du régime alimentaire2

20 mois

424

tumeur du foie

Rats [57]

Racines de consoude

1% du régime alimentaire3

10 mois

205

tumeur du foie

Rats [57]

Racines de consoude

2% du régime alimentaire4

12 semaines

115

mutations génétique du foie

Rats [86]

Lasiocarpine

1,2 mg/kg/jour5

60 semaines

504

tumeurs du foie et de la peau

Rats [87]

Lasiocarpine

77 mg/kg

une seule prise

77

LD50

Rats [52]

Intermédine et lycopsamine

1 g/kg

une seule prise

1000

tumeurs du pancréas

Rats [88]

Acétyllycopsamine

750 mg/kg

une seule prise

750

Inflammation du foie

Souris [89]

1 : létalité pour 50% des individus

2 : le rat moyen pèse 425 g et a une ration alimentaire moyenne de 19 g/jour [90], 8% représentent donc 1,5 g de feuilles/jour, cela correspond à environ 0,7 mg AP/kg/jour

3 : 1% représente 0,2 g de racines/jour, cela correspond à environ 0,7 mg AP/kg/jour

4 : 2% représentent 0,4 g de racines/jour, cela correspond à environ 1,4 mg AP/kg/jour

5 : 7,8 mg AP/kg 2 fois par semaine pendant 4 semaines puis 1 fois par semaine pendant 52 semaines

 

A partir du tableau ci-dessus on remarque que les effets de la lasiocarpine sont du même ordre de grandeur que ceux de la consoude, on peut ainsi estimer la LD50 de la consoude à 1,27 kg/kg, c’est-à-dire qu’une personne de 60 kg devrait manger environ 76,4 kg de consoude en une fois pour avoir 50% de chance de létalité immédiate. On remarque aussi qu’à la même concentration d’AP, les feuilles de consoudes sont 2 fois moins toxiques que les racines.

 

En conclusion

En reprenant les données du tableau ci-dessus et si l’on considère que les humains sont aussi sensibles que les rats (alors qu’ils le sont probablement davantage [25]), il ne faudrait donc pas atteindre la dose de 0,7 mg AP/kg/jour pour ne pas subir les effets néfastes des AP de la consoude, en prenant une marge de sécurité disons qu’il ne faudrait pas dépasser la dose de 0,07 mg AP/kg/jour. Cela correspond donc, pour une personne de 60 kg, à 69 g/jour de feuilles fraîches de consoude et 9 g/jour de racines. Cela correspond à environ 10 feuilles par jour pour une personne de 60 kg. Si l’on considère la différence entre les jeunes petites et les vieilles grandes feuilles, une personne de 60 kg ne devrait pas dépasser la dose de 35 g pour les jeunes feuilles (environ 30 feuilles par jour) et 787 g (environ 87 feuilles par jour) pour les vieilles feuilles. Pour encore plus de marge de sécurité, on pourrait encore diviser la dose par 10 et donc arriver à une dose à ne pas dépasser de 9 vieilles grandes feuilles par jour.

 

La consommation de consoude est à éviter chez les femmes enceintes et allaitantes.

 

Pour pouvoir confirmer les calculs et recommandations, d’autres études sur les quantités d’AP dans la consoude en fonction de divers facteurs environnementaux et sur la toxicité de la consoude seraient nécessaires.

 

Il ne faut pas oublier que l’Organisation Mondiale de la Santé recommande de limiter aux maximum la consommation d’AP, c’est-à-dire qu’elle recommande de ne pas consommer de consoude...

 

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La pâquerette

La pâquerette, Bellis perennis

 

 

La pâquerette Bellis perennis fait partie de la famille cosmopolite des astéracées qui compte environ 1600 genres et 23000 espèces. Le genre Bellis compte environ 12 espèces dont 4 en France métropolitaine. La pâquerette est une hémicryptophyte vivace à répartition native eurocaucasiennne et introduite en Amérique du Nord et du Sud et que l’on trouve jusqu’à 1600 m d’altitude.

 

 

Étymologie

 

Plusieurs théories se proposent d’expliquer l’origine du nom scientifique « bellis » provenant soit du latin « bellis » voulant dire « beau/belle » faisant  référence au fait qu’elle fleurit toute l’année ou à sa capacité à traiter les ecchymoses et les gerçures des seins, soit du latin « bello » voulant dire « guerre » faisant référence au fait qu’elle pousse fréquemment sur les champs de batailles ou à sa capacité à traiter les ecchymoses et les blessures profondes, soit du celte « Belenos » dieu associé au soleil, soit du nom dérivée de la nymphe Belidis de la mythologie romaine qui, pour éviter les attentions amoureuses du dieu des jardins et vergers Vertumne, se transforma en pâquerette.

 

En français « pâquerette » vient soit de « Pâques » car c’est aux environs de cette fête religieuse que la floraison de la pâquerette est la plus abondante, la coutume était de faire une omelette à Pâques avec les fleurs de la plante, soit de l’ancien français « pasquier » désignant les pâturages.

 

 

Description botanique

 

Les « fleurs » de pâquerette sont en fait des capitules composés de nombreuses fleurs. Ce que l’on appelle généralement les « pétales » de pâquerette sont des fleurs ou fleurons ligulés pour les blancs externes et fleurons tubulés pour les jaunes centraux. Les capitules s’ouvrent la journée et se referment la nuit ou en cas de pluie.

 

Les feuilles ont 4 à 7 dents par côté, mesurent entre 2 et 5 cm, sont spatulées, obtuses, en rosette basilaire et alternes avec des nervures assez peu visibles et légèrement translucides. Il n’y a pas de latex et les pétioles sont pleins. Les hampes florales mesurent généralement de 3 à 12 cm et ont une section ronde.

 

 

Caractères bio-indicateurs

 

La pâquerette indique, sur les sols où elle est présente en grande quantité, une décalcification du sol, une érosion, un lessivage et une lixiviation. Le coefficient de fixation du sol diminue et le complexe argilo-humique perd de sa cohésion en perdant les ions ferreux (Fe2+) et calcique (Ca2+).

 

 

 

Propriétés médicinales

 

Je différencie ici trois parties : les propriétés attestées par la science moderne, les propriétés d’usages modernes et les propriétés traditionnelles. Il faut garder à l’esprit que la science n’a pas toujours raison et que les propriétés d’usages ne sont pas toujours testées scientifiquement mais pour autant toutes ne sont pas fausses, les propriétés traditionnelles sont parfois le résultat de croyances superstitieuses.

 

On utilise la plante entière souvent en infusion ou en teinture mère pour ses propriétés médicinales : feuilles, fleurs et racines.  On bénéficie également des effets de la pâquerette par sa consommation crue ou cuite mais dans des proportions inconnues. De plus la cuisson de tout aliment à tendance à dégrader une partie des composants mais encore une fois dans des proportions souvent inconnues.

 

 

Propriétés médicinales attestées par la science moderne      

 

Des tests effectués sur des rats et des souris avec la pâquerette démontrent ses propriétés d’antioxydant, d’antidépresseur, d’antibactérien,  d’antifongique, d’anti-hyperlipidémie, de cicatrisant et d’améliorant des capacités d’apprentissage en agissant notamment par le système noradrénergique. Les propriétés antifongiques ont également été étudiées sur la graphiose de l’orme (champignon parasitant les ormes). On note aussi la propriété anti-tumorale de la pâquerette où 99% d’inhibition de tumeur ont été observés avec application d’une forte dose d’extrait de la plante. L’extrait de pâquerette améliore la viabilité de cellules neuronales ce qui pourrait amener à une utilisation contre les maladies de dégénérescences neuronales. La propriété anti-hyperlipidémique peut jouer un rôle important dans le traitement de l’obésité.

 

Outre les tests sur les rats et les souris on reconnaît à la pâquerette des propriétés d’astringent, d’anti-inflammatoire, d’hémolytique,  de fébrifuge et de régulateur du métabolisme du calcium (hypercalcémie ou hypocalcémie).

 

Il n’existe aucune contre-indication connue. La dose recommandée en tisane est de 1 cuillère à café par tasse, infusée 20 minutes, 2 à 4 fois par jour. La prise simultanée de la pâquerette avec de la warfarine (médicament anticoagulant) augmente les effets anticoagulants de cette dernière.

 

 

Propriétés médicinales d’usages modernes

 

En prise interne, la pâquerette est principalement utilisée comme diurétique, sudorifique et stimulant général mais aussi comme dépuratif sanguin, vulnéraire, laxatif, adoucissant, antitussif,  astringent, expectorant et fébrifuge. En usage externe elle résorbe les ecchymoses, est anti-inflammatoire et bactéricide. La pâquerette est indiquée en usage interne en cas de rhume, rhumatisme, goutte, pleurite, bronchite, asthme, laryngite, hydropisie, insuffisance hépatique et rénale, surmenage et insomnie ; en usage interne et externe en cas de traumatisme, hématome, mastite, tumeur du sein, dermatose, inflammation oculaire, furonculose et ulcération. J. Valnet préconise la pâquerette en usage interne sur des « enfants amaigris ou qui ne se développent pas ».

 

 

Propriétés médicinales traditionnelles

 

La pâquerette a été indiquée depuis très longtemps dans de nombreuses maladies : rhume, blessures profondes, maux d'estomac, maladies oculaires, eczéma, furoncles,  gastrite, entérite, diarrhée, saignements, rhumatisme, inflammations et  infections des voies respiratoires.

 

En homéopathie, la pâquerette à une action sur les fibres musculaires des vaisseaux sanguins et est bénéfique en cas de douleur musculaire, de boiterie et de congestion veineuse.

 

 

 

Apports nutritionnels

 

La pâquerette compte, pour 100g de matière fraîche : 88g d’eau (92g pour l’épinard ; 96g pour la laitue); 2,6g de protides (3g pour l’épinard ; 1,2g pour la laitue); 190mg de calcium (100mg pour l’épinard ; 32mg pour la laitue); 88mg de phosphore (49mg pour l’épinard ; 23mg pour la laitue); 2,7mg de fer (3mg pour l’épinard ; 0,3mg pour la laitue); 600mg de potassium (557mg pour l’épinard ; 255mg pour la laitue); 33mg de magnésium (78mg pour l’épinard ; 6mg pour la laitue); 550UI de provitamine A (8000UI pour l’épinard ; 720UI pour la laitue); 87mg de vitamine C (50mg pour l’épinard ; 8mg pour la laitue).

 

 

 

Quelques recettes

 

La pâquerette à un goût léger, de noisette, un peu poivrée. Elle est âcre dans le sud de la France.

 

On peut la manger crue en salade avec, par exemple, du pissenlit (Taraxacum sp.), du mouron des oiseaux (Stellaria media), du plantain (Plantago sp.), etc..

 

Les boutons floraux peuvent se conserver au vinaigre ou bien être revenus dans un peu d’huile et de vinaigre à la poêle.

 

La plante hachée finement à laquelle on rajoute de la crème fraîche forme une très bonne sauce qui accompagne bien le riz ou le poisson.            

 

Les feuilles peuvent se préparer lactofermentées comme le chou.

 

Avec la pâquerette on peut aromatiser un vin qui peut être utilisé pour ses propriétés médicinales: mettre 1 poignée de feuilles et fleurs fraîches à macérer dans 75cL de vin blanc pendant 1 journée puis filtrer.

 

 

Glossaire

 

Anti-hyperlipidémique : qui élimine les excès d’acides gras dans le sang

 

Antitussif : qui arrête la toux

 

Astringent : qui ressert les tissus

 

Coefficient de fixation : capacité de stockage du sol en éléments fertilisants et en eau

 

Dépuratif sanguin : qui purifie le sang

 

Diurétique : qui augmente la sécrétion d’urine

 

Expectorant : qui facilite les sécrétions par les voies respiratoires

 

Fébrifuge : qui diminue les effets des fièvres

 

Hémicryptophyte : plante dont les parties aériennes passent la mauvaise saison à ras du sol sous forme de bourgeons

 

Hémolytique : qui détruit les globules rouges

 

Hypercalcémie : excès de calcium dans l’organisme

 

Hypocalcémie : manque de calcium dans l’organisme

 

Lessivage : perte des argiles

 

Lixiviation : perte des ions

 

UI : unité internationale

 

Vulnéraire : qui nettoie les plaies

 

 

Bibliographie

 

Livres

 

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Couplan F. Guide nutritionnel des plantes sauvages et cultivées. Ed Delachaux et Niestlé. 2011

 

Couplan F. Cuisine sauvage, accommoder mille plantes oubliées. Ed Sang de la Terre. 2013

 

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Ducerf G. L’encyclopédie des plantes bio-indicatrices, alimentaires et médicinales Vol  1. Ed Promonature. 2005

 

Ducerf G. Guide ethnobotanique de phytothérapie. Ed Promonature. 2012

 

Henschel D. Baies et plantes sauvages comestibles. Ed Vigot. 2005

 

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Thévenin T.  Les plantes sauvages, connaître, cueillir et utiliser. Ed Lucien Souny. 2008

 

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Valnet J. La phytothérapie, se soigner par les plantes. Ed Vigot. 2001

 

 

Articles

 

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